Annecy-le-Vieux

Fermer Introduction

Fermer 1 : La terre et les hommes

Fermer 2 : De la préhistoire à la naissance d'Annecy-le-Vieux

Fermer 3 : La paroisse et ses édifices religieux

Fermer 4 : Un moyen-âge obscur et difficile

Fermer 5 : 17ème et 18ème siècle : une image qui se précise et se durcit

Fermer 6 : La Révolution et l'Empire (1792-1815)

Fermer 7 : La Restauration Sarde (1815-1860)

Fermer 8 : De l'Annexion à l'urbanistion

Fermer Annexe 1 : La vigne et le vin

Fermer Annexe 2 : La famille de Menthon de la Balme au château de la Cour

Fermer Autres annexes

7 : La Restauration Sarde (1815-1860) - 7.9 : Us et coutumes d’Annecy-le-Vieux
En avril 1845, Monseigneur Rendu, évêque d’Annecy, lance une enquête auprès des curés sur « les usages et coutumes du peuple confié à leurs soins ». La réponse du curé Pacthod apporte des données intéressantes sur les mœurs et mentalités de l’époque[1].
Le curé insiste sur l’hétérogénéité de la paroisse, en ce qui concerne la fortune, les mœurs et le caractère et ce, de temps immémorial. Nombre de bourgeois y possèdent de vastes propriétés qui fixent une masse de fermiers et de domestiques. La proximité d’Annecy entraîne un commerce journalier de plusieurs hameaux avec cette ville qui étend son autorité spirituelle sur une partie de la commune.
L’administration de la commune est assurée presque exclusivement par des bourgeois qui ont leur résidence et le siège de leurs affaires à Annecy et, de ce fait, selon le curé, montrent peu d’intérêt pour les écoles et l’église de la paroisse.
Un « grand nombre » d’habitants, femmes, hommes, garçons et filles, surtout du village d’Albigny, va travailler aux fabriques d’Annecy et de Cran ; « ils y travaillent même la nuit jusqu’à quatre heures du matin, le samedi et veilles de fêtes. Ce long trajet peut présenter quelques dangers. » Une « petite bande » s’en va moissonner à l’étranger.
En sens inverse, des Annéciens viennent à Annecy-le-Vieux pour danser, notamment le 15 août, après les vêpres, dans le pré de la cure. Passent aussi des mendiants qui font du porte-à-porte, tandis que le nombre de pauvres de la paroisse va croissant ; le Conseil de Charité attribue à ces derniers 300 livres et du bois de la montagne.
Les processions et pèlerinages tiennent une grande une place dans la vie paroissiale, selon un calendrier très complexe.
La chapelle de Dingy, où une source passe pour guérir les maladies des yeux, attire encore bien du monde. Mais la chapelle de Provins n’est plus un but de pèlerinage depuis 1832.
Autour du cimetière, procession deux fois par mois, de mai à septembre, et exorcisme pour le temps à la porte de l’église. Le cimetière symbolise le territoire de la commune, et la procession trace autour un cercle protecteur.
En raison de la taille de la commune, l’évêque a limité à vingt minutes le maximum du trajet que le curé doit faire pour aller à la rencontre des convois mortuaires. Cette mesure, assez élastique, ne va pas sans difficultés : en 1834, le syndic et le curé ont du refaire un pointage en direction du village du Brey et projeté de placer une croix de chemin à l’endroit où le curé attendrait le cortège[2].
En diverses occasions familiales ou religieuses, les fidèles font, à la paroisse, des offrandes de quelques sols à quelques livres. On compte, par an, quelque cent-dix rétributions de messe. A la Saint-Etienne, des familles font des offrandes en blé. Le curé offre le pain bénit le jour de l’An. A la Saint-Antoine, il bénit du sel pour les animaux. Au mois d’août, assisté de deux clercs, il bénit les « têches » (tas de gerbes engrangées) et reçoit environ trente douzaine d’œufs.
Alors que l’assistance à la messe et le repos dominical étaient prescris par la loi sarde, le curé note un « grand abus » au sujet du travail des dimanches et fêtes pour lequel il dit accorder aisément des autorisations.
L’abbé Pacthod déplore bien entendu la prolifération des cabarets clandestins. Il rappelle qu’à Annecy-le-Vieux, comme ailleurs, on joue aux quilles et aux cartes mais les abus ne sont « pas communs ». On danse lors des fêtes de famille et des étapes du cycle agricole : labourage, moisson, vendanges, « teillage » de chanvre[3]. Ces festivités portent le nom de « révoltées » ; le curé regrette qu’elles finissent à une heure un peu avancée de la nuit.
Le premier dimanche du carême, les jeunes gens vont crier sous les fenêtres des personnes mariées dans l’année « Allouyes, Allouyes » et l’on se doit de leur jeter quelques friandises. En 1851, Joséphine de Sonnaz, épouse du comte Joseph-Melchior de Livet, écrit à sa mère : « Nous avons fait emplette de caramels, diablotins, pralines et dragées ; nous y joindrons une certaine quantité de noix, noisettes, prunes et poires sèches et nous auront le plaisir de les voir se disputer à qui en aura le plus[4] ».
 
Le 1er mai, les jeunes gens plantent « devant les maisons de quelques jeunes filles » un grand arbre, « souvent volé dans les bois de quelque particulier ».
Enfin, le curé signale une coutume particulière à Annecy-le-Vieux : la « fête des Bergers », alors qu’il n’y avait pas de bergers dans la paroisse. Elle a lieu vers la Saint-Martin, en novembre. Les jeunes gens « se cotisent entre eux et y invitent quelques jeunes personnes
[5] ».


[1] Devos R., et Joisten C. : Mœurs et coutumes de la Savoie du Nord au XIXème siècle. L’enquête de Mgr Rendu, Annecy 1978.
[2] Archives municipales.
[3] Opération consistant à séparer les parties ligneuses de la fibre.
[4] Archives départementales (Fonds de Sonnaz).
[5] Il pourrait s’agir de la forme altérée d’une fête ancienne à caractère pastoral. Cf aussi le lieu-dit « les Abergers », hameau disparu au nord-est de Sous-les-Bois.

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