Annecy-le-Vieux

Fermer Introduction

Fermer 1 : La terre et les hommes

Fermer 2 : De la préhistoire à la naissance d'Annecy-le-Vieux

Fermer 3 : La paroisse et ses édifices religieux

Fermer 4 : Un moyen-âge obscur et difficile

Fermer 5 : 17ème et 18ème siècle : une image qui se précise et se durcit

Fermer 6 : La Révolution et l'Empire (1792-1815)

Fermer 7 : La Restauration Sarde (1815-1860)

Fermer 8 : De l'Annexion à l'urbanistion

Fermer Annexe 1 : La vigne et le vin

Fermer Annexe 2 : La famille de Menthon de la Balme au château de la Cour

Fermer Autres annexes

7 : La Restauration Sarde (1815-1860) - 7.8 : La lutte contre le feu
Depuis le début du siècle, on a gardé le souvenir de graves incendies : en 1803 à Provins (onze maisons et plusieurs granges), en 1809 à Novel, en 1837 à Albigny (onze familles sinistrées), en 1842 au Bulloz (neuf familles sinistrées), en 1844 à nouveau à Albigny.
Les dégâts se chiffrent chaque fois par dizaines de milliers de livres. L’assurance contre l’incendie entre lentement dans les mœurs : en 1834, 57 maisons sur 254 sont assurées. Les sinistrés quittent les lieux ou survivent dans les décombres. La solidarité joue : la commune distribue du bois de charpente ; en 1803, on a demandé des secours jusqu’à Genève.
La gravité des sinistres s’explique par l’état des maisons et le genre de vie des habitants : maisons souvent contiguës, toits en chaume, cheminées non entretenues, communication entre la cuisine et la grange (à Novel, un chat s’est sauvé de l’âtre avec des étincelles sur le poil et a mis le feu à la paille), introduction de flammes dans les écuries, fours dans les maisons, séchages des noix dans les cheminées, distillation de l’alcool dans les étages, etc. Le tout est aggravé par la rareté des points d’eau : lors de l’incendie de Provins, on constate que le point d’eau le plus proche est à ¾ de lieue !
Les autorités multiplient les recommandations et les menaces de sanctions : un ramonage est prescrit tous les trois mois et on demande aux habitants de dénoncer les voisins qui ne ramonent pas leurs cheminées. En cas d’incendie, tant bien que mal, les conseillers organisent des chaînes ; la commune commence à disposer de quelques pompes.
Le jour de Pâques 1840, Sallanches est ravagé par un incendie qui fait cinquante et un morts. L’émotion est à son comble. Une collecte est organisée en Savoie et dans les pays voisins. Annecy-le-Vieux, qui estime avoie assez à faire avec ses propres sinistrés, refuse d’y participer.
Le Secrétaire d’Etat à l’Intérieur à Turin fait faire une enquête générale qui révèle, qu’en Savoie, neuf maisons sur dix sont couvertes de chaume. Le 11 août 1840, des lettres patentes édictent des règlent pour la construction, la prévention, l’intervention et les contraventions. L’organisation préconisée paraît encore bien rudimentaire : « tous les habitants sont tenus d’accourir munis de seaux et autres objets propres à fournir les moyens d’éteindre le feu ».
L’incendie d’Albigny en 1844 va accélérer les choses. Les secours ont été si déficients que le boulanger Louis Terrier, d’Albigny, va intervenir pour que les pompiers d’Annecy soient réorganisés. Dans la foulée, Annecy-le-Vieux va se doter, lui aussi, d’une compagnie de pompiers.
Son règlement est négocié par l’administration. Celle-ci, craignant que l’engagement dans les pompiers soit invoqué pour échapper aux levées militaires, refuse un article rendant l’engagement obligatoire pour cinq ans. Le 18 septembre 1845, le Roi approuve le « règlement pour le service des pompiers d’Annecy-le-Vieux ».
La compagnie, placée sous l’autorité de l’administration communale, compte 71 membres et 10 surnuméraires. Elle est divisée en sept sections de dix hommes chacune : la première comprend le Chef-Lieu et Novel, la deuxième Vignères et le Bray, la troisième Frontenex et Provins, la quatrième Sur-les-Bois, Bulloz et le Creux, la cinquième les Barattes et le Crez, la sixième Albigny, la septième le Petit-Brogny.
Elle est commandée par un Directeur-chef ; chaque section a un Sous-directeur et un Caporal.
Pour y être « agrégé » il faut avoir de 18 à 60 ans, jouir d’une bonne constitution et avoir une conduite régulière. Est rayé des contrôles tout pompier qui boirait du vin ou des liqueurs dans les maisons incendiées sans l’autorisation du propriétaire.
Une amende de 20 centimes frappe le pompier qui aurait malicieusement arrosé quelqu’un au cours d’un exercice. L’insubordination et le manque de respect mutuel sont punis d’une amende de deux à trois livres.
En service, chaque pompier porte une médaille en cuivre, suspendue à une chaînette, avec la mention « pompier d’Annecy-le-Vieux » et le numéro de la section. Le directeur et les sous-directeurs ont droit à une médaille en argent.
Chaque section dispose d’une pompe, de deux échelles, de deux crochets, d’une hache, d’une maille, d’une lanterne et de douze « ciselins » (seaux).
Un conseil, présidé par le Syndic, administre la compagnie, pourvoit à l’entretien du matériel et organise les exercices. Il doit veiller à ce qu’un réservoir d’eau soit installé dans chaque village.
Le ralliement an cas d’incendie ou d’exercice se fait au son du tambour et les réunions au son de la cloche. Des interventions peuvent avoir lieu dans les communes proches.
Une caisse de Secours Mutuel est organisée au sein de la compagnie. Elle est alimentée par une cotisation de quinze centimes par mois, par les amendes, les primes des compagnies d’assurances et les dons. Le pompier malade qui a des travaux agricoles urgents est aidé par ses collègues qui pourront exécuter ces travaux, même le dimanche, après en avoir obtenu l’autorisation.
Dès le 31 août 1845, le Conseil a nommé le docteur Magnin directeur-chef honoraire et Claude-François Baume directeur-chef.
Le 14 septembre, la compagnie organise sa première fête, annoncée par l’explosion des « boîtes »[1]. Les sept sections convergent depuis leur village en direction de la place de la maison communale ; les pompes sont tirées à bras ou par un cheval. Le syndic Ruphy passe en revue hommes et matériel. Dans son allocution, il souligne « le bel exemple donné par Annecy-le-Vieux aux autres communes du duché » de Savoie ». Puis tout le monde va à la messe où le curé Pacthod exalte la création de la compagnie véritable « œuvre de charité ».
Après la bénédiction des pompes, le cortège se rend aux Barattes, à la maison de campagne où le Syndic a fait dressé une table de 90 couverts. La journée se termine par des toasts et les cris mille fois répétés de « Vive le Roi », qui se mêlent aux détonations des boîtes, répercutées par les échos du Mont-Veyrier.
Bientôt la compagnie va se donner un encadrement militaire. En mars 1848, le baron Joseph de Livet est nommé commandant des pompiers. A la même date, la compagnie est dotée de fusils, au même titre que la Garde Nationale.
En 1853, Jean Laeuffer, Directeur de la Manufacture d’Annecy et Pont, est nommé Inspecteur des Pompes. La compagnie crée, la même année, une fanfare composée d’un tambour-major, sept tambours et neuf musiciens. Elle a désormais un uniforme : veste bleu foncé fermant droit sur la poitrine avec neuf petits boutons d’uniforme, collet bleu, parements bleus, ceinturon noir avec plaque, képi en drap bleu.

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En 1857, le chanoine Paul-Bernard Croset-Mouchet est nommé aumônier de la compagnie avec le grade de lieutenant. En cette même année, la fête des pompiers devient annuelle ; avec un cérémonial traditionnel, elle est un des temps forts de la communauté villageoise.
Le 30 août 1857, le programme est le suivant :
  • La veille, annonce de la fête par la détonation de douze « boètes »,
  • 8h : revue du matériel par le syndic
  • 11h : réception par le syndic
  • 11h1/2 : messe
  • midi : banquet décoré de « feuillerain » (3F50 pour les premières tables, 2F50 pour les tables ordinaires)
  • 3h1/2 : bal
  • 7h : cloture
Peu avant l’annexion, la compagnie est dissoute et son materiel versé à la garde nationale. Elle sera reconstituée ensuite, non sans difficultés, car il est difficile de trouver des officiers ayant à la fois la confiance du gouvernement, celle du Conseil municipal et celle du maire.
 
Le 29 septembre 1875, un décret réorganise la compagnie et réduit à cinq le nombre de ses sections. Ses officiers sont nommés par le Président de la République. Il est précisé, à l’époque, que les « sapeurs à barbe » doivent, comme les autres pompiers, manœuvrer les pompes et faire les corvées extraordinaires ; lors des fêtes, ils sont spécialement chargés de la police.
(La compagnie a été dissoute en 1987 et s’est fondue dans le Syndicat Intercommunal pour le Secours et la Sécurité de la Région Annécienne).


[1] Boîte ou boète, pétard d’assez forte puissance manipulé par les pompiers eux-même.

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